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Dernière lettre de Picardie

VOICI QUELQUES LETTRES ET EXTRAITS DE LETTRES ECRITS PAR DES HOMMES TOMBES SUR NOTRE TERRE QU'ILS ONT NOURRI DE LEURS DOUTES ET DE LEURS ESPOIRS, DE LEUR COURAGE ET DE LEUR PEUR AVANT DE L'ABREUVER DE LEUR SANG. CHAQUE EXTRAIT EST ACCOMPAGNE D'UN RAPIDE RAPPEL DES CRICONSTANCES DE LA MORT DE CES HOMMES.

 

"LE SACRIFICE DE TOUS LES SOLDATS TOMBES POUR LA DEFENSE DE LA PATRIE FUT D'AUTANT PLUS SUBLIME QU'IL FUT LIBREMENT CONSENTI"

FOCH, 29/10/1921.

 

 

 

Lettre de Lucien AUFRERE, aspirant au 172ème RI, mortellement blessé le 26/09/1916 à Bouchavesnes.

"Cher père, je t'écris à toi parce que tu es un homme et que je ne veux pas chagriner Maman. (...) Ce soir, nous montons à l'attaque. C'ets nous qui percerons; j'ai le coeur plein de fierté et de confiance qu'une aussi belle tâche nous ait été confiée. Nous vaincrons. Pendant plusieurs jours, vous ne recevrez pas de nouvelles (...). Sois sûr que ton fils sera toujours au chemin de l'honneur. Tous mes baisers. Je pense bien à Maman, comme je la plains."

Le 26/09/1916, l'aspirant Aufrère particpe à l'attaque lancée à partir de 16 heures sur des positions allemandes fortement installées. Blessé ce même jour, il décédera des suites de ses blessures le 28/09 à l'ambulance d'Etinehem, né le 09/08/1896, il avait tout juste 20 ans.


Lettre écrite le 03/09/1916 par Guy de BOYER de FONSCOLOMBE, MPF le 04/09/1916.

"Hélas! vous pleurerez en lisant ces lignes: votre fils sera mort pour la France (...) mon grand chagrin en pensant à ma mort est d epenser à votre peine, pauvre chère maman; je ne serai plus là pour soutenir tant d'espèrances (...) je seria mort après avoir reconquis un epu de notre sol d eFrance; on ne peut envier une plus belle mort (...) J'embrasse avec toutes les forces de mon coeur mes frères et soeurs  pour lesquels j'ai une telle affection; que tous se souviennent quelquefois du petit frère. Que l'on parle de lui. Au revoir chère petite maman chérie. Si je continuais, je pleurerais peut-être et sous le canon on ne pleure pas..."

C'est dans les rangs du 303 RI que Guy de Boyer de Fonscolombe prit part aux combats du 04/09/1914 lors de l'attaque sur Vermandovillers. lancée à 13h50, l'opération se déroule d'abord aisément, de nombreux Allemands sont capturés. A partir de 14h45, l'assaut piétine face au bois Mauriz fortement occupé par des mitrailleurs ennemis. A partir de 15h, les compagnies envoyées en soutien subissent des pertes sensibles à proximité des 1ères tranchées allemandes insuffisamment "nettoyées", au cours du ratissage de ces positions, la 13ème compagnie du 303 ramasse uen centaine de prisonniers supplémentaires. malgré cela, l'ennemi parvient à s'infiltrer entre les colonnes d'assaut françaises. On se bat à la grenade de tranchées à tranchées et entre patrouilles dans le no man's land. Le bois Mauriz qui freine toujours notre avancée est violemment bombardé de 18h30 à 18h50, le tir terminé les Français s'emparent du bois où ils firent encore 30 prisonniers et décomptèrent de nombreux cadavres, preuves de l'efficacité du tir de destruction. A la nuit tombée, les Français occupent une partie du dispostif ennemi mais le prix du sang est lourd pour cette seule journée du 04/09/1916 pour le 303 RI: 80 tués, 125 blessés et 49 disparus. Les combats autour de Vermandovillers continueront et le 17/09 c'est le lieutenant Henri Gros qui y tombera.


Lettre du Lieutenant Henri GROS écrite à sa mère le 03/09/1916, le 17/09 il tombe au champ d'honneur à Vermandovillers à l'âge de 24 ans.

"D'ici quelques jours, tu liras sur les journaux le récit de grands événements. Tu seras fière de songer que ton fils y participe (...). Mes meilleurs et mes plus tendres baisers."

Le 17/09, Vermandovillers est toujours aux mains de l'ennemi, malgré les sacrifices déjà cosnentis pour s'en rendre maitre. Le 86 RI du lieutenant Gros doit l'attaquer à partir de 14h45 après d'importants tirs de barrage et de destrcution menés par l'artillerie française. Mais dès 15 heures,l'assaut du 86 Ri ets pris sous le feu des canons ennemis, malgré cela les 1ère et 2ème lignes allemandes sont emportées bien que des mitrailleuses ennemies aient prélevé un lourd tribut notamment parmi les officiers et sous-officiers menant l'attaque. Les Français se fortifient dans une partie de la 2me ligne ennemie face au Bois du Cerisier. A 15h15, les objectifs assignés à l'assaut ont tous été atteints. dans le village de Vermandovillers, la progression se fait sous la couverture des tirs de VB, en un quart d'heure le nord-est du village est aux mains des Français. Les 37 ont été utilisé pour réduire les nids de mitrailleuses ennemis, seuls ceux du Bois du Cerisier restent actifs. A 18 heures, l'attaque peut être considérée comme un succès, les défenses ennemies ont été bousculées et pour certaines prises et occupées, 175 Allemands ont été capturés.Le prix du succès est lourd: 7 officiers dont le lieutenant Gros et 190 hommes de troupes sont tombés, on compte 266 blessés parmi la troupe et 8 chez les officiers et sous-officiers et 16 soldats sont portés disparus.

 

Lettre datée du 05/06 de Pierre PELERIN du 36ème RI, blessé lors des combats de Neuville-Saint Vaast le 03/06/1915.

"Ma chère Tante. Enfin! ça y est j'ai payé mon tribut à la Patrie et je vais me reposer un peu. Je suis blessé d'un éclat de grenade à l'épaule droite et j'ai été envoyé à l'arrière. Je t'écris à toi directement pour que tu puisses prévenir maman et surtout qu'elle ne se fasse pas trop de soucis. Je vous embrasse tous, de tout coeur comme je vous aime"

Au cours de la nuit du 2 au 3 juin 1915, le 36ème RI qui occupe des tranchées à Neuville-Saint-Vaast est attaqué à plusieurs reprises par l'ennemi. Pendant la journée du 3, les Français échouent à contre-attaquer suite à l'insuffisance de leur préparation d'artillerie. Pire l'artillerie allemande se montre plus efficace en enterrant dans son abri une demi-section de la 5 compagnie qui bien que dégagée compte 3 tués et 3 blessés. Ces combats ont coûté la vie à 2 officiers et à 28 soldats du 36 RI qui compte aussi 69 blessés dont le soldat Pierre Pélerin qui mourra, le 05/06/1915, des suites de ses blessures à l'hôpital auxiliaire n°2 d'Abbeville non sans avoir auparavant écrit à s atante pour rassurer sa famille sur son état de santé.

 

Lettre du sous-lieutenant Louis QUITTET du 158 RI MPF le 04/09/1916 à Soyécourt.

"Soyez forts, mes chers parents, et , si je dois tomber, vous aurez au moins la consolation d epenser que j'aurai fait mon devoir jusqu'au bout. Il ne faudra pas pleurer, on ne pleure pas celui qui meurt pour sa Patrie."

Le 04/09/1916, le 158ème attaqua le village de Soyécourt en liaison avec le 166 Ri etvun bataillon de chasseurs. L'attaque portait sur le terrain situé entre Soyécourt et Vermandovillers. Malgré de grandes difficultés notamment dues à des tirs nourris depuis Vermandovillers, les Français purent progresser au prix de lourdes pertes.

 

 

Bouchavesne, Vermandovillers, Soyécourt et combien d'autres de ces bourgs et villages de la Somme sont entrés dans l'Histoire de France et dans notre mémoire collective par le sang versé par tous ces hommes dont il ne reste guère aujourd'hui que quelques mots sur de vieux papiers froissés ou de vieilles photos jaunies le plus souvent oubliés au fond des tiroirs? Alors à notre manière et avec notre peu de talent efforçons nous d'être les dépositaires de tous ces sacrifices, de toutes ces espérances gâchées, de toutes ces vies anéanties pour que de collective notre mémoire ne devienne pas sélective puis amnésique...

 

 

"Ne jamais oublier, toujours se souvenir"

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